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Séance de questions avec l’entraîneur-chef du Canada, Tim Hunter

 

Avec 815 matchs dans la LNH à son CV, Tim Hunter fut entraîneur adjoint pendant 15 ans avec quatre clubs différents avant de renouer avec la Ligue de l’Ouest il y a quatre saisons à titre d’entraîneur-chef des Warriors de Moose Jaw. Membre du personnel de l’entraîneur-chef Dominic Ducharme lors des deux derniers championnats mondiaux juniors, il a accepté le poste de grand patron cet été. Natif de Calgary, Hunter était capitaine adjoint des Flames en 1989, année où ils ont gagné la Coupe Stanley. Cinq ans plus tard, il évoluait pour les Canucks de Vancouver qui sont venus à une victoire près de conquérir la coupe. Les liens de Hunter avec la Ligue de l’Ouest remontent à l’époque lointaine où il portait l’uniforme des Breakers de Seattle. Au fil d’un entretien avec Peter Robinson, rédacteur en chef de Prospects Hockey, Hunter a parlé de la préparation de son équipe en vue du Championnat mondial junior de cette année à Victoria et Vancouver.

PROSPECTS HOCKEY: Comment s’est passé le camp d’évaluation estival? 

TIM HUNTER: Très bien. Le tournoi et le camp ont été fructueux. L’idée, c’était de bâtir une équipe, d’établir une connivence entre les joueurs, d’apprendre à les connaître. Je pense que nous y sommes parvenus. Notre message aux joueurs et au personnel d’encadrement, c’était que les tenants du titre ne devaient surtout pas se reposer sur leurs lauriers. Il faut s’améliorer, se fixer de nouveaux objectifs et les réaliser. Nous avons sondé le terrain pour voir comment y arriver. Cela est très important car il s’agit d’un tournoi très attendu, mais dont les éléments doivent être mis en place très rapidement.

PH: Vous vous trouvez dans une situation tout à fait unique. On a vu des adjoints être nommés entraîneurs-chefs après deux ans dans un rôle subalterne. Mais il est rare qu’un nouvel entraîneur-chef assume le rôle de grand patron après avoir gagné l’argent et l’or en tant qu’adjoint et qu’il doive en plus défendre son titre dans son pays. Comment l’avez-vous vécu?

TH: J’ai appris des choses de Dom [Ducharme], l’entraîneur-chef, et aussi de Joël Bouchard. Nous formions un groupe uni. Ils ont leurs propres conceptions, et j’ai les miennes. Il m’arrive de procéder différemment, question de voir ce qui va fonctionner sur une courte période. Le hockey a beaucoup changé en peu de temps et il continue d’évoluer. Il faut être aux avant-postes, tenter des expériences, et c’est ce que j’ai l’intention de faire.

PH: Les deux derniers matchs pour la médaille d’or ont prouvé que le sport en général – et le hockey en particulier – pouvaient être bizarres. Il y a deux ans, Équipe Canada méritait peut-être mieux que de perdre en fusillade. L’an dernier, la Suède n’a pas dominé le Canada, loin de là, mais il n’aurait pas été injuste qu’elle rafle l’or. Comment expliquez-vous ces caprices du destin, et comment s’y préparer?

TH: Il faut toujours respecter son adversaire. Chaque pays a de bons joueurs, chaque pays a de bons entraîneurs. L’an dernier, la Suède formait une équipe très talentueuse et elle en a fait la preuve. Elle ne nous était pas supérieure, mais elle a su, par exemple, créer des avantages territoriaux en attaque. L’important, c’est d’apprendre comment vaincre l’adversaire à l’usure et saisir les moments où la victoire se pointe le nez. C’est ce que nous avons fait. Mais pour être en mesure de le faire, pour profiter de ces moments, il faut s’être préparé de façon minutieuse, n’avoir négligé aucun détail.

PH: À quoi doit-on attendre de votre équipe quand le tournoi se mettra en branle le 26 décembre?

TH: Qui vivra verra, mais il n’y a pas vraiment de secret. Nous allons jouer comme les deux dernières années, c’est-à-dire en fournissant un effort constant, en nous battant pour la rondelle, en tentant de gagner chaque bataille individuelle. Le tout en équipe et pour l’équipe. Deux gardiens, sept défenseurs, 13 attaquants… il sera très difficile de jouer contre nous.

PH:  Le fait de jouer à domicile changera le scénario par rapport à l’an dernier. Les organisateurs viennent d’annoncer que les matchs de Victoria seront disputés à guichets fermés et que ceux de Vancouver le seront probablement aussi. Quelle attitude adopter dans ce contexte?

TH: C’était le cas à Toronto et Montréal il y a deux ans et il y a eu de grosses foules à Buffalo l’an dernier, avec des chandails rouges partout dans l’aréna. Ce ne sera donc pas une surprise. Nous préférons parler d’occasion plutôt que de pression. Nous, les entraîneurs, allons prendre des mesures pour mettre les joueurs à l’abri des distractions. Le mot abri n’est peut-être pas juste, mais disons que nous allons limiter les distractions inhérentes aux matchs à domicile. Tous les joueurs souhaitent évoluer un jour dans la Ligue nationale et ce sera pour eux une occasion de franchir une autre étape.

PH: Comme nous l’avons mentionné plus tôt, il est indéniable que d’autres pays s’améliorent. Je pense particulièrement aux États-Unis et aussi à la Suède. Quant aux Russes, ils sont toujours solides. La Finlande a produit des joueurs de talent qui ont été appelés au premier tour de la séance de sélection de la LNH. Quatre ou cinq équipes pourraient gagner le tournoi. N’est-il pas vrai que le fossé, si jamais il y en a eu un, s’est rétréci?

TH: Sans aucun doute. On l’a vu l’an dernier aux Jeux olympiques et on le constate chaque année au Championnat mondial. La Ligue de l’Ouest et la LCH en général regorgent de joueurs étrangers de grand talent. Nous, Canadiens, devons chaque année travailler d’arrache-pied pour figurer parmi les favoris.

PH:  J’imagine que vous avez une liste de 40 ou 50 joueurs qui, selon vous, pourraient se tailler une place au sein de l’Équipe?

TH: Je n’aime pas mentionner tel ou tel nom parce cela donne l’impression que la sélection de ce joueur est acquise. Cela dit, permettez-moi de faire exception pour le gardien Michael DiPietro. Il a le talent, la feuille de route et l’expérience. Il a, par exemple, gagné la Coupe Memorial. Mais d’autres gardiens jouent également bien et c’est pourquoi nous surveillons attentivement leurs performances avec leur club et dans la Série Canada-Russie. Quant aux joueurs qui évoluent dans la LNH, nous les surveillons chaque jour. Aucun de leurs matchs ni même aucune de leurs présences sur la glace ne nous échappent. Nous sommes ainsi en mesure d’évaluer leurs chances de rester avec leur club de la LNH ou d’être libérés, ce qui les rendrait disponibles. C’est un processus différent.

PH: Les partisans de hockey se souviennent de votre longue carrière dans la LNH, comme joueur et ensuite comme entraîneur adjoint. Vous êtes maintenant entraîneur-chef à Moose Jaw, ce qui vous donne une perspective unique. À votre avis, quelles sont les différences entre le hockey d’aujourd’hui et celui de votre époque?

TH: J’ai passé 16 saisons dans la LNH, principalement à Calgary et Vancouver, mais j’aurais certainement dû m’y prendre différemment si j’avais joué aujourd’hui. Le hockey a tellement évolué. Mais, en tant qu’entraîneur, j’ai toujours voulu être à l’avant-garde. Il faut trouver de nouvelles façons de jouer et d’entraîner, être ouvert à un nouveau système et foncer. Il faut être un leader, ­pas un suiveur.

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